Imaginez vous dans le métro, dans le train, au restaurant, dans n'importe lequel de ces endroits publics où rien n'est plus désagréable que d'être dérangé par un inconscient qui raconte brouilleur GSM sa triste vie intime, donne des ordres ou éclate de rire sans même nous en faire partager la cause.

Imaginez donc que dans un tel moment, la conversation soit brutalement interrompue. Le type, la nana regarde son mobile devenu muet en se demandant ce qui se passe, en n'y comprenant rien. En jurant après cette cochonnerie qui ne marche pas.

Et figurez vous que le responsable de cette interruption c'est vous… (ou votre voisin).

C'est possible.

Il suffit pour cela d'avoir un brouilleur , ce que les américains appellent un "cell phone jammer". C'est illégal aux États-Unis (11.000 dollars d'amende) mais dans ce pays où la culture du vigilante, du gars qui se fait justice lui-même, est fortement ancrée, ils les font venir sans scrupule de l'étranger. C'est ce qu'a révélé récemment le New York Times en allant interviewer… ceux qui les vendent depuis Londres ou Mumbai .

Le principe est simple: le jammer envoie un signal assez puissant pour empêcher les mobiles adjacents de communiquer avec les antennes qui relient les appels. Les petits couvrent quelques mètres (ils démarrent à 50 dollars), certaines entreprises en achètent des fixes (de 1.000 à 4.000 dollars ou plus) qui assurent la tranquillité dans un local, une salle, un immeuble.

Parmi les utilisateurs on trouve un psy qui en a marre de se voir interrompu au milieu d'une séance de thérapie, un patron de restau qui ne supporte plus de voir les appels distraire ses employés sans arrêt et des profs, qui assurent ainsi que leur brouilleur de telephone enseignement ne sera pas perturbé par l'extérieur.

Les victimes collatérales (celles qui n'avaient rien fait de mal) peuvent être très nombreuses.

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Alors, qu'est-ce qui est le plus insupportable, la personne qui ne sais pas se contenir en public et vous importune avec ses conneries ou celle qui se donne le droit de rétablir l'ordre toute seule, sans beaucoup plus de considération pour le droit des autres?

En ce mois d’avril où le Rwanda se consacre au souvenir des victimes du génocide des Tutsis –un million de morts en trois mois, on ne le rappellera jamais assez- le petit livre clair et incisif de Dominique Celis « gêneurs de survivants » (1) vient à son heure. L’auteur, comme bien d’autres avant elle, retrace l’enchaînement du malheur, la montée en puissance du Hutu Power, la préparation puis le déroulement des massacres, leur mode opératoire et l’intervention du Front patriotique rwandais qui mit fin aux tueries et installa un autre pouvoir le 4 juillet 1994. Tout cela, brouilleur portable mis en perspective en termes précis, est connu, mais mérite d’être rappelé sans complaisance. Cependant, l’intérêt de l’ouvrage est ailleurs : loin des circonlocutions et de l’équilibrisme, l’auteur, dès l’introduction, abat ses cartes. Le propos est clair : « ce livre a été écrit pour qu’il soit pris acte d’un fait : en 1994, les Tutsis ont été exterminés par les extrémistes hutus, avec la collaboration de la France, la complicité directe de la Belgique et la complicité indirecte du reste de l’humanité. Par stratégie négationniste, des inexactitudes ont été répandues sur le régime rwandais mis en place depuis 1994 et j’ai décidé de les relever. »

A l’heure où, à Bruxelles et ailleurs, des messes sont dites en mémoire des Hutus qui auraient été victimes d’un « deuxième génocide », à l’heure où des révisionnistes désireux d’occulter les crimes de 1994 concluent des alliances contre nature avec des politiciens et des généraux en rupture avec Kagame pour des raisons diverses (dont des charges de corruption), ce livre remet les pendules à l’heure.

En Belgique, qui accueille une diaspora nombreuse et dynamique, forte d’au moins 40.000 personnes, ce type de discours est rare. Bien souvent, c’est dans le silence sinon la honte que les rescapés sont amenés à croiser des membres brouilleur de voiture éminents de l’Akazu, des dignitaires ou des tueurs ordinaires rentrés dans l’anonymat.

L’auteur ne nie pas, loin s’en faut, les difficultés de la reconstruction d’un Rwanda nouveau, les aléas d’une cohabitation exceptionnellement difficile -dans quel pays au monde a-t-on vu bourreaux et victimes être obligés de se croiser sur les mêmes collines ?- voire les critiques que suscite le régime dans plusieurs franges de la population. Mais le « brouillage de la vérité des faits » est énergiquement dissipé : il apparaît de plus en plus que le négationnisme se cristallise sur les critiques adressées à la gestion, ou à la personne du chef de l’Etat, le président Kagame, accusé de dérive autoritaire voire criminelle dans sa gestion de la presse et de ses opposants. Or « c’est du génocide des Tutsi dont il est question, et non d’apprécier ou non Paul Kagame, cela importe peu. »

Au passage, l’auteur égratigne les « donneurs de leçons » occidentaux, qui « participent d’une logique ethnocentriste, selon laquelle l’Occident continue d’être la référence ultime en matière d’organisation de la société civile et de l’ Etat ». Elle suggère qu’au Rwanda précisément, l’Occident a perdu tout droit de donner quelque leçon que ce soit et s’étonne du crédit Brouilleurs Telephones dont jouit l’opposante Victoire Ingabire, qui a ouvertement collaboré avec des groupes génocidaires et propagé une idéologie, celle du « peuple majoritaire » qui est dorénavant interdite par la loi.

http://www.apsense.com/article/brouilleur-portable.html